Translate

lundi 8 octobre 2012

Tais-toi et meurs d' Alain Mabanckou




photo Express.fr

Appelez-moi «José Mon fort»

Je m'appelle Julien Makambo. Pendant les semaines qui ont suivi mon arrestation, et même bien avant, lorsque j'étais encore en cavale, ma tronche et mon autre nom, José Montfort, ont occupé la une de la plupart des journaux de France et de Navarre. Dans notre langue du Congo-Brazzaville, le lingala, Makambo signifie «les ennuis». J'ignore ce qui avait piqué mes parents pour m'attribuer un tel nom qui n'est d'ailleurs pas celui de mon défunt père, encore moins celui d'un proche de la famille. Je suis maintenant convaincu que le nom qu'on porte a une incidence sur notre destin. Si ce vendredi 13 je ne m'étais pas rendu au restaurant L'Ambassade avec Pedro pour rencontrer celui qu'il qualifiait alors de «type très important» venu de Brazzaville, je ne serais peut-être pas en détention provisoire depuis un an et demi dans cette cellule de Fresnes. Mais voilà, lorsqu'on s'appelle Makambo les choses ne sont pas aussi simples.



Quand on vient me tirer de la cellule pour les interrogatoires devant le juge d'instruction ou pour les entretiens avec mon avocat commis d'office, j'ai presque envie de demander aux gardiens pourquoi ils sont aussi nombreux à m'entourer, comme si j'étais ce célèbre Guy Georges, le meurtrier qui sévissait dans l'Est de Paris, qui violait, puis tuait certaines femmes dans les parkings. Je ne suis pas non plus un de ces tueurs en série qu'on voit dans les films américains et qui sont emprisonnés à AJcatraz. Ceux-là sont surveillés sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et on ne les libère jamais, pas question de les voir recommencer leur entreprise maléfique de destruction du genre humain - ce que d'ailleurs ce Guy Georges faisait chaque fois qu'il sortait de prison. Je cite ce nom parce qu'un détenu d'une des cellules du fond du couloir m'a laissé entendre un jour que je ressemblais à ce criminel et qu'avec ma tête «bizarre» - je reprends son mot -même un aveugle dirait sans risque de se tromper que je suis un tueur-né, un tueur de la trempe de ceux qu'on voit dans les fdms. Des propos de ce genre m'horripilent évidemment. Les gens sont trop influencés par le cinéma et ignorent qu'en général, dans ces fictions, on prend un fait divers qui a marqué le pays, on tire sur les ficelles, on ajoute de la musique pour l'ambiance, et on nous montre une famille de classe moyenne dans un quartier tranquille avec des enfants aussi beaux que les nôtres. Dans un flash-back en noir et blanc, on nous apprend que le criminel en question a eu une enfance difficile, qu'il a commencé par dépecer les rats et les écureuils dans le jardin de ses parents avant de transposer ses pulsions criminelles sur la société. Ce vilain personnage de cinéma s'introduit par l'arrière de la résidence, il entre dans le salon pendant que la famille dort profondément et se livre à un carnage avec une froideur de robot bien programmé. Après sa besogne, il disparaît, mais reprend vite son activité diabolique dans un autre quartier, laissant aux policiers désemparés quelques indices qu'on n'arrivera à recouper que quelques mois, voire quelques années plus tard.
Moi je ne suis pas de ce monde-là. Ma vie n'est pas une fiction, et mon histoire relève bien de la réalité. (Source amazon.fr)




video découverte





Rue des Syriens de Raphael Confiant

SELECTION PRIX CARBET DES LYCEES 2013

Wadi stationnait aux pieds du Christ-roi, tenant d'une main une valise fatiguée, de l'autre un journal avec lequel il tentait de se protéger de la férocité du soleil tropical. Tout autour s'agitaient marchandes de légumes, débardeurs, djobeurs poussant leurs charrettes à bras hétéroclites, chauffeurs de taxi-pays qui jargouinaient sans arrêt dans une langue pour lui incompréhensible. Il s'étonnait qu'ils fussent pour la plupart d'un noir d'ébène, hormis quelques visages couleur de miel. Soudain, un gamin rieur le tira par la manche :
 «La Syrie, tu vas fondre sur toi-même, oui ! Ha-ha-ha !»

À la fin du XIXe siècle, des centaines de milliers d'habitants issus des pays du Levant - Syrie, Palestine, Liban et Jordanie - émigrèrent en Amérique du Sud et dans l'archipel des Antilles. Ils furent désignés sous le nom générique de «Syriens». Wadi est l'un d'eux. Quand il débarque à Fort-de-France dans les années 1920, le dépaysement est total. Il est à la recherche de son oncle Bachar, qui l'a précédé en Martinique au début du siècle. Wadi a tout à construire dans ce nouveau pays où il va vivre de multiples aventures et croiser de nombreux personnages :
 Fanotte la superbe et fantasque revendeuse, Bec-en-Or le crieur de magasin, Ti Momo le fier-à-bras amateur de combats de coqs, des maîtres en sorcellerie, un boutiquier chinois, un prêtre hindou, et bien d'autres encore, caractéristiques du melting-pot antillais... 
En célébrant l'épopée des Levantins à la Martinique, Rue des Syriens est aussi un grand roman sur l'intégration qui plaide pour une identité-mosaïque.





RUE DES SYRIENS AUX EDITIONS MERCURE DE FRANCE

Les Immortelles de Makenzy Orcel




Les Immortelles, ce sont les prostituées de Port-au-Prince. L’une d’elles, la narratrice qui ravale son nom, prend à parti l’inconnu monté la voir au bordel. Apprenant qu’il est écrivain, elle lui propose un marché : contre son corps, écrire l’histoire des putains défuntes, emportées par le séisme sous les décombres de béton de Port-au-Prince. D’une surtout : la Petite, la fugueuse Shakira venue sous son aile un jour dans la haine de sa bigote de mère. De la belle et orgueilleuse Shakira toute pénétrée d’une passion dévorante pour les livres, pour Jacques Stephen Alexis surtout, l’immense écrivain qui fait battre le coeur d’Haïti. « La Petite. Elle aimait les livres d’un amour fou. D’un amour du jamais vu… » Shakira la révoltée devenue la plus convoitée des putains de la Grand-Rue. 







Avec ce roman de feu, qui marie le Ciel et l’Enfer, la transgression par le sexe et la mort atteint à la plus authentique humanité, la plus bouleversante, celle qu’aucune morale ne contrefait. Avec une liberté absolue de ton, Makenzy Orcel prête voix à tout un monde. « La Petite. Elle le disait souvent. Les personnages dans les livres ne meurent jamais. Sont les maîtres du temps ».
Aux lendemains du tremblement de terre qui a secoué Port-au-Prince avec la même force destructrice que la bombe d’Hiroshima, Makenzy Orcel a écrit les Immortelles pour dire la folie de vivre malgré l’épouvante autant que pour livrer le plus insolent témoignage face à l’apocalypse.






Makenzy Orcel est né à Port-au-Prince en 1983. Les Immortelles est son premier roman.




Vidéo découverte





Cantique des tourterelles d'Ernest Pepin

Au début, je n'ai pas remarqué la beauté de Mélodie. Elle ne se percevait pas d'emblée. Elle ne foudroyait pas. Elle prenait possession de manière progressive avant de s'imposer comme l'empreinte d'un baiser sur des lèvres coupables. Étrange beauté, soulignée par des yeux dont l'ardeur contrastait avec l'aspect voilé des regards. Pas de maquillage. Pas de bijoux. Un parfum discret. Malgré tant de sobriété, il émanait d'elle un magnétisme dont j'ignorais le pourquoi. C'était une femme-piège comme il existe des plantes carnivores... " Ainsi parle la sage Aurore, dont Jérôme, impuissant, observe la métamorphose. Car Aurore est soumise à l'attraction d'un astre plus puissant. Et cet astre est féminin. L'irruption de ce curieux amour menace d'ensevelir ce qui fut l'histoire d'un couple... Dans la langue poétique qu'on lui connaît, Ernest Pépin célèbre l'amour de deux femmes. Un Cantique des cantiques créole, qui est aussi un hymne à la liberté des corps et à la condition féminine.



BIOGRAPHIE ERNEST PÉPIN

Figure de proue de la créolité Ernest Pépin, marque la littérature caribéenne par sa façon moderne d'aborder cette identité issue de multiples cultures. Ernest Pépin commence par enseigner le français avant de mettre au service de la critique sa grande culture littéraire. Ce qui le conduira tout naturellement à présenter une émission sur France 3. Lorsqu'il n'est pas conférencier, Ernest Pépin devient poète. Sort de sa plume sa conception de la créolité qui, pour lui, ne doit pas se replier sur elle-même. Au contraire, elle doit s'ouvrir et assumer les origines qui l'ont construite. Son premier recueil de poésie, 'Au verso du silence', est publié en 1984. Mais c'est six ans plus tard qu'il est reconnu, grâce à 'L' homme au bâton', roman tragi-comique dans lequel Ernest Pépin traite avec humour du folklore antillais. Il réitère son succès avec le recueil 'Boucan des mots libres' en 1991, qui lui permet obtenir le Prix de Las Casas America. Suivent 'Tambour-Babel', dans lequel il est question de la pluri-culture créole. En 1996, 'Le Tango de la haine' parle de jalousie féroce avec mordant. Le reste de son oeuvre alterne poésie et prose créole - 'Cantique des tourterelles', 'Babil du songer'... En 2006, dans 'L' Envers du décor', il détruit le cliché de cette Guadeloupe de carte postale où rhum, insouciance et boubous masquent une réalité bien plus sombre. (Source Evène)

mardi 2 octobre 2012

CLIMB TO THE SKY by Suzanne Dracius

  • ISBN-13: 9780813933207
  • Publisher: University of Virginia Press
  • Publication date: 10/5/2012
  • Pages: 208



Between Paris and the Caribbean, America and Europe, Africa and Martinique mythical ,Suzanne Dracius grows with his writing, straddling French and Creole, in these nine news reconnect with the tradition of storytelling, which operates the mixing of humor, modernity and wonderful Caribbean. With La Montagne Pelée, as emerged from the belly of the sea, the machine, the motorcycle, the  train,  the airplane,  the computer, Climb to the Sky leads the tragic historical events of intense bursts of hope .
Climb to the Sky 
a translation 
by Jamie Davies 
is available at BARNES & NOBLES







Professor of classical literature (French, Latin, Greek), at the end of his studies at Lycée Marie Curie Sceaux and the Sorbonne, Suzanne Dracius taught in Paris and the Université Antilles-Guyane and the United States States at the University of Georgia and Ohio University as a visiting professor.
Suzanne Dracius is defined by the Creole word "kalazaza" which means "a mongrel white and black skin and light hair." She has made ​​the fight against any kind of racial, gender or social issue and the matter of his writing.



Liens: http://www.barnesandnoble.com/w/climb-to-the-sky-jamie-davis/1113609786?ean=9780813933191

lundi 1 octobre 2012

Au-delà de l'osmose de Marylou RUTER-VENTURA




Buisson est l’héroïne de ce roman qui raconte un passage de sa vie amoureuse. Une histoire qui a débuté au travers d’un réseau social. Une rencontre qui l’a transportée dans un monde indéfini. Au fil de la lecture, on retrouve une histoire émouvante, une attirance incontrôlable entre deux êtres, où se mêlent : bonheur, amour, angoisse et mystères.
Un récit au caractère érotique et sulfureux, conduisant au-delà de l’osmose. À ne pas mettre entre toutes les mains.




Marylou est martiniquaise et artiste pluridisciplinaire (Auteure-Compositeur-Peintre-Plasticienne et Écrivaine). Son goût pour la lecture est né après plusieurs participations à différents concours de poésies, de nouvelles et de créations artistiques… Ayant ainsi obtenu plusieurs prix de textes libres, elle édite personnellement son premier recueil en co-auteur, dénommé Femmes persuasives.  Membre fondatrice du « Réseau des Libres Penseurs-Artistes Philosophes Femmes de l’Ombre », Marylou Ruter Ventura est très active et impliquée.Elle va créér la première école de formation citoyenne en 2006 en faveur des jeunes, pour des acquis et des valeurs citoyennes à la Martinique.Nous l'avons rencontré pour la sortie de son nouveau roman Au-delà de l'Osmose publié aux éditions Mélibée (interview à venir).

dimanche 2 septembre 2012

Soleil glacé.





J'honore ta puissance,
Ta grandeur et ta gloire
Soleil glacé de mon esprit
Cascade d'où jaillit
 Des courants de douleur.


Dominique Lancastre . Copyright 2012